Villeray, pour moi

En 2015, aux dernières aurores d’été, Boubou et moi avions décidé de consolider nos vœux amoureux en nous promettant d’élire un domicile commun pour tricoter notre tout premier nid d’amour pour l’automne de cette année. Symbolique et significatif, ce projet impliquait aussi tacitement mon départ de la maison de mon enfance, pour enfin aller assumer ma vraie vie de jeune femme émancipée et autonome. J’avais les nerfs en boule. J’étais indécise et inquiète de ne pouvoir trouver ce parfait logement à la hauteur de nos attentes et de nos ambitions, mais l’optimiste usuel de Boubou nous nourrit et me permit de faire tomber ses petits monstres inutiles.

L’exercice de recherche de logement ne fut pas facile. Nous avions prévu plusieurs possibilités, mais l’étau se resserrait à mesure que le temps avançait, que le nombre de compétiteurs augmentait et que nos critères de sélection se raffinaient. Montréal est une grande métropole aux multiples visages, couleurs, saisons, émotions et contradictions. S’il est vrai que sa scène culturelle est dynamique, assez accessible et débordante de créativité et qu’elle tend sa main généreuse à la jeunesse pour qu’elle puisse s’exprimer, vivre et s’émerveiller. Cet émerveillement est vite dilué dans les réalités socioprofessionnelles et économiques qui sont tout autres. Les résident.es montréalais.es rêvent du grand, du beau, du chaleureux, mais la beauté vient avec un prix. Heureusement, après d’incessantes visites de logements et après avoir retourné, à maintes fois, nos poches pour nous assurer de pouvoir boucler nos fins de mois, nous avons trouvé un logis à la hauteur de notre imaginaire dans le quartier Villeray.

Aujourd’hui, nous chérissons notre choix et sommes fièr.es de vivre dans ce petit village urbain qui nous permet de nous reposer, de nous aimer, de consommer de manière responsable, de partager et nous impliquer. Notre modeste appartement est entouré de commerces locaux, de centres de création, d’espaces verts et surtout de jeunes familles et de personnes aînées actives et présentes. Bien que l’on dise que la plus belle maison que des amoureux puissent construire, se trouve dans leur cœur, il ne faut pas négliger l’architecture et l’aménagement urbain qui les entoure. Cela fait toute une différence.

La Place de Castelnau, en l’occurrence, est un lieu de rencontre, que l’on privilégie pour mordre dans notre baguette de pain dominical tout chaud du boulanger Le Pain dans les voiles et de profiter des talents de pianistes de nos voisins ou des personnes de passage. Cet espace public, vient souder nos liens et nous permet de nous ancrer tranquillement dans cette communauté que nous voulons voir grandir. Et nous ne manquons pas de talents et de créateur.rices dans le quartier pour y arriver.

Grâce à des initiatives telles que Découvrez Villeray, Le Frigo communautaire de Villeray, le Mange-Trottoir et bien d’autres, ces petits gestes prouvent que les résident.es du quartier sont épanoui.es et veulent redonner. De notre côté, Boubou et moi sommes heureux, et éventuellement, désirons étendre notre projet et agrandir notre famille. Notre logement abordable bat à coup de deux, et peut être bientôt à coup de trois cœurs à l’unisson.

Voilà, j’ai fait mon coming-out. Je t’aime Villeray.

 

christine jennifer

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