Aventure gourmande, babines déléchées et Pain dans les voiles

Samedi, 7 h du matin : c’est un départ. Les hurluberlus et leur mère quittent le domicile, l’estomac dans les talons, avec une destination de choix en tête : le Pain dans les voiles. Entre deux craques de trottoirs, Petite de trois ans crie sa faim et Grand de neuf ans trottine à vive allure. Cette troupe croise de nouveaux jardins de ville sur son passage, admire une plantation de plantain sauvage, cueille un pissenlit qui offre son pollen avec générosité, s’arrête devant une cour intérieure intrigante de la rue Drolet et tente de deviner ce qui s’y cache. Malgré les divertissements que l’aventure offre sur son passage, Petite ne tient plus en place. La faim tenaille ses entrailles, elle vire progressivement au vert et la mère redoute le pire : une crise digne d’Hulk! Tous pressent le pas, la rue De Castelnau est proche!

L’odeur du pain est perceptible. Le vent vient du sud et porte les effluves au nez de la troupe piétonnière. Le bruissement des feuilles distrait la mère de sa quête un instant : le samedi matin, Villeray semble respirer, à travers les branches et les balcons, d’un souffle continu et paisible. L’odeur du pain devient plus puissante et la mère retrouve ses esprits. Grand est déjà arrivé au porche de la boutique, la bouche étirée de bonheur et les yeux exorbités par l’excitation de l’expérience prochaine. La mère pousse un soupir de soulagement : Petite a retrouvé sa bonne humeur, enivrée par les effluves d’une croûte dorée, d’un croissant craquant, d’une brioche décadente, d’une amandine prête à passer sous les dents…

La troupe affamée pousse la porte d’entrée pour découvrir un environnement qui invite à arrêter le temps, avec ses tabourets adjacents au bar qui longent un mur fenestré. Des clients tranquilles et encore endormis boivent un espresso bien serré, dégustent une chocolatine généreuse, une fougasse salée ou une chouquette coquette. Petite ne tient plus en place et s’exclame d’enthousiasme devant le présentoir bien garni. Son émotion du moment est salée, alors elle choisit la baguettine au fromage. Grand n’avait qu’une idée en tête : se délecter d’une brioche fondante, sans avoir à la partager avec qui que ce soit. La mère, quant à elle, désire tout à la fois et choisit une miche fraîchement sortie du four qui ne peut pas encore passer sous les couteaux de la tranche tellement elle est moelleuse ! Qu’à cela ne tienne : elle déchirera un morceau en route qui se mangera sans artifice, car il se suffit à lui-même. De manière fortuite, le gérant de la place, monsieur Gravelet, vient à leur rencontre pour partager leur joie du ventre qui ne criera plus famine. Il leur mentionne que les produits sont maintenant encore plus près de chez eux, dans un des douze commerces qui les distribuent. Répandez la bonne nouvelle et allez gaiement, leur dit-il!

Le Pain dans les voiles donne le vent dans les voiles! Le retour se déploie dans la joie et l’allégresse, le cœur gonflé par la levure, la tête remplie de miettes et les jambes prêtes à enjamber les essaims de fourmis qui suivront les valeureux piétons, attirés par une pitance échappée entre deux craques de trottoirs…

Crédit photo couverture : Page Facebook du Le Pain dans les voiles

Signature_Catherine Signature_Alix

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