Le Japon à votre portée!

Le cœur de la communauté japonaise de Montréal bat dans Villeray.

Qui l’eut cru?!

À la fois un lieu de rencontre pour la communauté canado-japonaise et un centre culturel ouvert à tous celles et ceux ayant un intérêt pour le pays de Soleil Levant, le Centre Culturel Canadien Japonais de Montréal –le CCCJM- se situe sur la rue Rousselot, devant la piscine Joseph-Charbonneau et à l’arrière du CLSC.

Mais au-delà des izakayas branchés, des comptoirs à sushis et des bars de karaoké, que représente la communauté japonaise à Montréal ? Qui sont-ils, combien sont-ils, où sont-ils ? Car il faut bien avouer que l’on connait moins ce groupe que les Haïtiens, Chinois ou Maghrébins, pour ne nommer que ceux-là…

Au Québec, selon le recensement de 2006, la communauté canado-japonaise regroupait 4560 personnes. Environ 85% d’entre eux habitaient la région de Montréal, principalement les secteurs de Westmount, NDG, Outremont, le Plateau puis Villeray et Saint-Michel. Pas plus de mille déclarent parler le japonais à la maison.

Aussi, on y retrouve une certaine anomalie : on dénombre deux fois plus de femmes que d’hommes (probablement dû au fait que plusieurs femmes d’origines japonaises ont épousé des Québécois).

Historiquement, les Japonais sont arrivés dans la région après la Deuxième Guerre mondiale. Grâce aux fonds personnels de personnalités religieuses tel Paul-Émile Léger, une maternelle a pu voir le jour sur la rue Sherbrooke afin d’accommoder la communauté. Le lieu de rassemblement des canado-japonais se limitait à ce local.

Plus tard, on chercha un espace multifonctionnel et plus spacieux. C’est alors que des pourparlers furent entamés avec les Sœurs Grises, qui détenaient un grand terrain à l’arrière de leur couvent sur la rue Crémazie, dans Villeray. En 1964, le bâtiment actuel sur la rue Rousselot fut construit en tant que Mission catholique japonaise. C’est en ces murs, loués à l’Archevêché de Montréal, que fut constitué le CCCJM, qui put dès lors connaître un essor.

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Crédit photo : Dominic Ménard-Bilodeau

Finalement, au milieu des années 1990, le CCCJM acheta le bâtiment de la Mission catholique et c’est le diocèse qui devint locataire. Des messes y sont encore tenues, dont une messe en japonais à chaque mois.

On acquit également le stationnement au nord de l’édifice, toujours aux mains des Sœurs Grises.

Il est intéressant de savoir que ces acquisitions ont été rendues possibles grâce à la Fondation de Redressement des Canadiens d’Origine Japonaise et suite à l’accord historique conclu avec le gouvernement fédéral afin de dédommager cette communauté victime d’injustices lors de la Deuxième Guerre mondiale. On se rappellera que les Canadiens d’origine japonaise avaient alors été internés dans des camps, moment peu glorieux de notre histoire collective.

Le Centre agit comme point de rassemblement de la communauté, mais aussi comme gardien son passé et de sa culture. Une bibliothèque renferme quelques milliers d’ouvrages en langue japonaise, et des rencontres –officielles ou non- sont tenues régulièrement.

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Crédit photos : Dominic Ménard-Bilodeau

Loin d’un ghetto, on cherche aussi à promouvoir la culture japonaise et entrer en contact avec les citoyens de toutes origines. Une foule d’activités variées se déroulent dans les murs du centre et sont ouvertes à tous. Par exemple, des cours de langue japonaise de plusieurs niveaux sont offerts, ainsi que des ateliers de calligraphie (shodo), danse folklorique (odori), kimono, arrangement floral (ikenobo ikebana), musique traditionnelle (shamisen) et exercices « essentrics ».

Du côté culinaire, la réputation de la gastronomie japonaise n’est plus à faire. On offre des ateliers d’udon, de miso, mais aussi d’aliments et techniques moins connus comme le kôji et le natto (où entre en œuvre la fermentation, bien populaire en cuisine ces jours-ci).

On retrouve également un club de haiku, une équipe de bateau-dragon, et on reçoit parfois la visite de personnalités japonaises de passage à Montréal comme des cinéastes, artistes et auteurs de mangas.

Du côté des événements, on peut suivre la programmation sur la page Facebook du CCCJM. À surveiller, entre autres, un bazar annuel et une vente artisanale de Noël.

Si vous êtes en ville le samedi 12 août, ne manquez surtout pas l’événement « Matsuri Japon », qui s’y tiendra de 11h à 20h30. Moment fort de l’année pour le CCCJM, on ouvre les portes et on offre gratuitement des mets japonais traditionnels (okonomiyaki et excellent takoyaki!) en plus de présenter des spectacles de tambours, d’arts martiaux de shamisen, d’essentrics et plus.

L’espace d’un instant, laissez Montréal derrière et venez plonger dans cette sympathique bulle japonaise qui ne se pointe qu’une fois l’an!

Signature_Dominic Signature_Jennifer

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