Anti-guide du nouveau super-héros (partie 4)

Alexis avait un plan. Il m’avait donc laissé seul pour un mois avec la plus belle fille que j’ai fréquentée depuis… depuis Cate Blanchett dans Le seigneur des Anneaux.

***

C’était le temps des papillons.

J’étais au parc Turin, je marchais dans le petit gazon pour me rendre jusqu’à la tête de Christophe-Colomb quand ça m’a « sauté dans la face »… Les chenilles n’étaient plus des chenilles qui flottent partout avec leurs nids collants, voire dégoûtants. Elles avaient maintenant de magnifiques ailes. Un peu comme moi, elles étaient face à leur destin, si l’on veut.

C’était le temps des papillons.

Et les papillons s’envolaient en nuées, se déposaient ici et là. Et nous, on les observait comme une leçon d’amour. On les observait comme une leçon d’élégance et d’espoir.

***

Depuis quelques temps, mes ailes se couvrent de plumes. Mais pas partout en même temps. J’ai l’air d’un galeux volant.

J’ai essayé de trouver du tissu sur Saint-Hubert, pour les recouvrir, mais il fait trop chaud.

***

Clémence et moi, on s’est inventé un langage à nous.

Elle me demanda ce que je voulais faire de mon « pouvoir ». Ce que j’allais faire de mon paquet de troubles, c’était plutôt la question. Sûrement des voyages.

Et le mettre au service de la communauté, tu y as pensé ?

***

J’ai essayé de me muscler. J’ai essayé.
Mais je suis condamné à être une asperge… Tout au plus, une asperge un peu large.

***

Je me rechargeai à la caféine et je sortis de jour. Je m’étais caché sur un toit d’où je voyais le vieux stationnement louche d’un établissement dont je ne dirai pas le nom.

Des dealers dealaient. Et j’y ai pensé…
Si j’intervenais, je pouvais faire quoi, à part espérer ne pas trop souffrir de leurs coups ?

Je voulus arrêter là ma carrière de justicier.

***

Dans le petit parc de vieux, coin Drolet et Jarry, par un petit mardi matin où la rue était déserte, je vis une dame d’âge mûr qui avait oublié son sac à main sur un banc. J’allai le chercher, à découvert. Lorsque je lui rendis, elle faillit faire une crise de cœur et quand elle prit son sac, elle me frappa avec, jusqu’à ce que je m’envole. « Sale pigeon! »

***

Je buvais mon café au lait dans mon salon. Clémence travaillait. Elle m’avait laissé une note, une liste d’épicerie, sur le frigo. Je me rendis alors compte que depuis notre rencontre, il y avait 6 semaines, elle n’était retournée chez elle, rue Saint-Denis, qu’une fois. En même temps, je la comprends, c’est bruyant.

Puis je décidai que, pour faire de l’ordre dans ma vie, j’allais faire de l’ordre dans ma maison. Je sortis l’aspirateur dont j’avais oublié l’existence depuis quelques temps. Puis j’aspirai mes souvenirs.

Une araignée semblait nerveuse sur mon mur. Je pris un pot pour la remettre dehors et je me dis, qu’au moins, j’aurais réussi à sauver quelque chose…

***

C’était l’après-midi, je me promenais encore sur les toits quand j’entendis des cris. Un enfant en avait poussé un autre et menaçait maintenant une petite fille.

Je courus, sautai du toit, failli frapper un poteau, puis arrivai finalement jusqu’à l’arbre où se déroulait la scène. Le plus petit avait eu le temps de se relever et de répliquer par un coup de pied bien placé.

Hey! Lâchez-vous!

Le plus grand, le pousseur, m’avait regardé avec des yeux ronds comme des billes.

Et l’autre : C’est Mathieu qui a crié sur ma sœur, il l’a insultée.

Je sais, j’ai tout vu.

Les méchants sont partis en courant. La petite a finalement ouvert la bouche : C’est des vraies ailes ou tu les as achetées au magasin de costumes ?

Son frère : C’est sûr que c’est des vrais…

La petite mignonne aux yeux bleus s’appelle Béatrice et le petit caïd aux cheveux blonds, c’est Léon. On se dit au revoir.

Quand je racontai l’histoire à Clém, elle avait les yeux pleins d’eau. Ce fut notre première fois, cette nuit-là.

***

Ça sentait affreusement la fumée. Je me levai, pour voir. Et j’aperçus par la fenêtre un énorme incendie à quelques rues d’ici. Mais heureusement, avant même que j’eus le temps de me préparer et sortir, les pompiers avaient eu le temps de maîtriser les flammes. La caserne sur Jarry était juste à côté de la maison, sur Châteaubriand.

J’appris plus tard par le journal que l’incendie aurait été volontaire. On cherchait toujours le responsable.

***

Je me suis dit que je pourrais me concentrer sur les délits communautaires… Je suis une asperge solitaire après tout.

Je me mis principalement à aider les enfants, parce que j’aimais bien les étoiles dans leurs yeux. J’étais devenu le faucon qui surveillait les cours de récré.

Puis je revis Béatrice et Léon à la fête du travail. Ils m’invitèrent à leur fête d’anniversaire, deux jours plus tard. Et moi, j’eus la terrible idée d’y aller…

Camille_Signature_2 Signature_Alix

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s