Aider et s’impliquer à longueur d’année !

Maintenant que la période des fêtes est passée et que le Nouvel An a été fêté, l’heure est encore, pour un moment, aux résolutions et aux changements de début d’année. Bienvenue en 2018 !

C’est ce moment de l’année où les réunions de famille sont nombreuses, un moment qui, bien qu’il soit marqué par une forte consommation générale de cadeaux, est aussi empreint des valeurs de générosité et de partage. La guignolée, les collectes de fonds pour divers organismes communautaires et causes sociales, les ménages de garde-robe qui finissent avec un sac de dons pour les magasins-partages, tout cela est très présent durant le temps des fêtes. Durant ce temps-là, notre générosité est très sollicitée et on répond très souvent à coup de dons en argent, en nourriture et en vêtements afin que les personnes dans le besoin passent un meilleur Noël. Évidemment que toute cette aide est, selon moi, utile pour les personnes qui en bénéficient, mais aussi très belle à voir. Voici, selon moi, le petit problème avec cet élan soudain d’amour pour les autres. Ne sert- il qu’à améliorer sa conscience, qu’à répondre à une de nos résolutions qu’on pourra alors cocher ? Est-ce que cela n’arrive que durant ce moment de l’année ? Qu’arrive-t-il le reste de l’année ? En effet, depuis un temps, je ressens un certain malaise lorsqu’il est question de donner durant la période des fêtes. Selon moi, c’est super important et vraiment très bien que les personnes plus vulnérables ou quiconque qui en ressent le besoin ainsi que les organismes communautaires bénéficient d’un grand soutien, mais que cela n’arrive que ponctuellement, parce que c’est à ce moment que la population se sent plus généreuse, je trouve ça dommage. Cette aide, cette pensée et cette considération pour l’autre, elle devrait être présente tout au long de l’année ! Les familles en situation de pauvreté ont besoin de soutien autant en juin qu’en décembre. Les personnes plus vulnérables ont divers visages, les organismes communautaires manquent souvent de fonds et s’impliquer auprès d’eux peut toujours aider !

Par ailleurs, j’ai vu dans le journal récemment un article (ICI) qui relatait que plusieurs citoyens d’un arrondissement dans l’Est de Montréal s’étaient regroupés afin de payer une chambre de motel à un itinérant pendant une semaine puisqu’ils s’inquiétaient pour lui et sa sécurité alors qu’il faisait particulièrement froid à l’extérieur dernièrement. Suite à cette lecture, j’ai été d’abord agréablement surprise de ce geste particulièrement généreux. Toutefois, l’homme explique aussi dans l’article qu’il a quand même dû, durant cette semaine passée sous un toit, sortir à l’extérieur quêter pour pouvoir se nourrir. C’est là qu’un grand sentiment de malaise m’a envahi : payer une chambre à un itinérant est un geste fort bon et grand, j’en conviens, mais il ne permet pas de répondre aux besoins qui, eux aussi, sont fort grands, d’une personne en situation d’itinérance. Il ne permet pas non plus nécessairement de changer sa situation à long terme. Malheureusement, la réalité est que l’homme a dû quêter quand même et qu’il retournera probablement dormir dans la rue une fois cette semaine écoulée. En effet, l’aide ponctuelle de ce genre ne change pas les structures de notre société, elle ne change pas non plus les inégalités sociales qui y existent, ni encore la discrimination et les oppressions. Ne serait-ce pas mieux, ou du moins, les effets ne seraient-ils pas plus grands si on agissait sur les causes de ces vulnérabilités ? Ne serait-il pas mieux de faire un peu tout au long de l’année ? De soutenir des organismes communautaires qui ont des pratiques convergentes à nos valeurs ?

Cela m’a aussi amené à avoir une réflexion sur la visibilité de la pauvreté et de la vulnérabilité en général : évidemment, dans le centre-ville, l’existence de ces phénomènes est particulièrement visible et frappante. En effet, il n’est pas du tout rare de voir des personnes en situation d’itinérance dans l’espace public (stations de métro, parcs, rues, etc.). Du même coup, on y trouve une concentration d’organismes communautaires tels que des refuges venant en aide à ces personnes. À l’inverse, dans d’autres quartiers de la ville, comme le nôtre, la pauvreté n’est que très peu visible. Le nombre d’itinérants qu’on croise dans une journée dans Villeray peut se compter facilement. Cela ne veut pourtant pas dire que la vulnérabilité n’y existe pas, que la pauvreté n’est qu’ailleurs. Il ne faut pas se leurrer ; elle existe bel et bien, assurément de façon moins concentrée puisque, entre autres, les services dont ils ont besoin n’y sont pas offerts et probablement aussi sous des formes différentes, mais la pauvreté y est quand même ! Il ne faut surtout pas tenter de «l’invisibiliser», de la cacher. En effet, il est important de considérer que derrière notre joli quartier qui depuis quelques années multiplie les nouveaux projets et accueille bien de nouveaux cafés, restaurants et boutiques, il y a des personnes qui ne peuvent peut-être plus se permettent d’habiter un logement sécuritaire et adéquat. En effet, l’image du quartier, selon moi, s’est modernisée, a rajeuni et présente davantage de jeunes adultes et de jeunes familles. Elle présente un Villeray rempli de projets émergents. Mais cette nouvelle image peut aussi avoir des répercussions négatives sur des ménages ayant un budget plus serré : hausses des prix des loyers, impossibilité de payer ce dernier, nécessité de quitter le logement, expulsion, nécessité de couper dans d’autres dépenses, nouveau logement moins sécuritaire, plus insalubre, etc. Ces réalités existent dans Villeray et il est important d’en être conscient, et ce, à longueur d’année.

Ainsi, cet article ne se veut pas que pessimiste ! J’aimerais proposer quelques moyens d’améliorer, à sa façon, notre petite réalité qui peut parfois être moins jolie :

  • Premièrement, je considère qu’il est super important de rester sensible aux réalités et du même coup aux problèmes des autres. Il est crucial d’être ouvert d’esprit et de vouloir se conscientiser à tout cela. Pour réussir, plusieurs outils s’offrent à nous dans Villeray et, évidemment, ailleurs à Montréal, pour en apprendre davantage sur diverses causes. Tout d’abord, il est évident qu’Internet ainsi que des livres peuvent nous informer sur tout plein d’enjeux. Aussi, multiples conférences, ateliers et formations visent justement la sensibilisation du public. On peut d’ailleurs trouver sur le site d’arrondissement (ICI) , une section événements où on regroupe des activités souvent offertes gratuitement. Il est aussi possible de sélectionner Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension pour n’avoir que des résultats s’offrant dans le quartier. On retrouve donc par exemple, des ateliers sur le logement social, la santé mentale, l’emploi et bien d’autres.

On peut aussi, sur ce même site Web, consulter un répertoire d’organismes communautaires qui œuvrent à Montréal. Ainsi, une fois que l’on connaît des organismes dans le quartier, visiter leur propre site Web ou encore l’endroit directement nous permet de connaître leur programmation.

  • De plus, se sensibiliser à une réalité telle que l’itinérance ou encore l’insécurité alimentaire, par exemple, est un premier pas. Le prochain peut être de participer à la lutte ! Prendre part aux marches, aux manifestations, aux regroupements, etc. peut nous permettre de faire des gestes concrets pour montrer notre indignation face à une situation que l’on juge injuste. Encore une fois, cela se trouve un peu partout : sur les médias sociaux, sur les sites Web des organismes communautaires et de défense de droits, etc.
  • Lié à tout cela, on peut s’impliquer directement auprès d’organismes communautaires ! Bien souvent, il est possible en faisant de petites recherches (Arrondissement [ICI] est, encore une fois, une très bonne source de départ) de trouver des endroits qui reflètent bien nos valeurs et qui sont à la recherche de bénévoles. Offrir de son temps, que ce soit plusieurs fois par semaine si notre horaire nous le permet, ou encore de façon ponctuelle, peut réellement avoir un impact sur notre communauté.

En bref, je trouve qu’il est primordial de ne pas fermer ses yeux devant les injustices qui existent malheureusement ici dans Villeray et ailleurs dans la ville aussi. Il est important de se questionner sur ce qui cause ces inégalités et comment on peut y remédier. Finalement, j’aimerais aussi souligner qu’offrir de la monnaie à une personne en situation d’itinérance sur le coin d’une rue, lui offrir un repas ou encore simplement un sourire ne changera peut-être pas toute la situation, mais pourra peut-être lui apporter un peu de bonheur dans sa journée !

Crédit photo : Sarah Savoie

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