Rencontre avec Rosannie Filato, conseillère du district de Villeray (1ère partie)

Coup de tonnerre le 5 novembre dernier.

Lors de l’élection municipale, une vague emporte avec elle bon nombre de politiciennes et politiciens connus dans la ville de Montréal. Villeray n’a pas fait exception, alors que de nouveaux visages sont venus remplacer notre conseillère de district ainsi que notre mairesse d’arrondissement.

Nous vous proposons une rencontre avec Rosannie Filato, conseillère du District de Villeray et responsable du Développement social et communautaire, itinérance, jeunesse, sports et loisirs au Comité exécutif de la Ville de Montréal.

Voici la première partie de notre entretien. La deuxième sera publiée prochainement.

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Rosannie Filato est avocate de formation. Elle travaillait dans le milieu du droit du travail et représentait des travailleuses et travailleurs dans le secteur du commerce de détail, des gens qui ne font pas beaucoup de sous. Et qui occupent des emplois précaires.

Issue d’une famille de syndicalistes ayant toujours milité pour les droits des personnes vulnérables, elle a commencé à militer au sein d’un organisme dans Villeray.

Travaillant beaucoup pour la mobilisation des jeunes, des femmes, des immigrants, et nouveaux arrivants, elle visait à augmenter leur implication tant dans le monde syndical que politique.

Cela faisait 5 ans qu’elle travaillait dans Villeray avant de se présenter au municipal.

On peut être acteur de changement à tous les niveaux, mais la raison l’ayant amené à choisir le niveau municipal est parce qu’il s’agit vraiment d’un gouvernement de proximité.

En tant que jeune femme, Mme Filato se sentait sous-représentée au niveau politique. Déçue que les jeunes -et les gens en général- soient cyniques envers la politique, elle suspectait qu’il s’agissait probablement d’un problème de représentativité. C’est-à-dire que le monde politique était surtout peuplé d’hommes blancs plus âgés, alors que le noyau des gens qui votent à chaque année avait, lui, changé.

Elle ne s’est pas lancée en politique parce qu’elle voulait du pouvoir ou une job stable –car ce milieu est le contraire de la stabilité-, elle qui avait un emploi stable où elle était heureuse. Mme Filato voulait amener du changement et voulait redonner confiance en nos représentants politiques, démontrer qu’ils peuvent être honnêtes, transparents.

Elle connait bien le Villeray. Sa mère a grandi dans le quartier, sa grand-mère a habité ici. Elle connaissait déjà bien le quartier étant jeune, puis elle y a par la suite travaillé. C’est là qu’elle passait la majorité de son temps.

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Rosannie Filato, vous vous êtes d’abord présentée lors d’une élection fédérale. Pourquoi avoir effectué ce changement de palier ?

En effet, je me suis présentée au fédéral en 2015 pour le NPD. Et paradoxalement, c’est ce qui m’a menée au municipal. Parce qu’à chaque porte où je cognais, on me parlait d’enjeux municipaux : déneigement, piste cyclable, stationnements, arbres, etc.

Je me suis présentée dans un des six châteaux forts libéraux au Canada, Saint-Léonard/Saint-Michel. C’est toujours possible de gagner, il y a toujours des vagues, mais bon. J’ai beaucoup appris de ma campagne et réalisé que si je voulais amener du changement concret et redonner confiance en les politiciens, c’est au municipal qu’il fallait le faire.

Vous êtes arrivée en novembre, ce qui encore nouveau, mais en même temps vous devez commencer à être bien en selle. Quelle est pour vous la plus grande surprise, jusqu’à maintenant ?

Une surprise fut à quel point la transition a été naturelle. Pour moi, ça a été un virage complet, un changement de carrière du jour au lendemain. Tu te lances toujours en politique en croyant à tes chances de gagner, mais tu ne t’attends pas nécessairement à ça quand tu n’es pas une politicienne de carrière. Quand j’ai gagné, je me suis dit que ça serait énorme de quitter mon emploi et de tout changer, mais ça s’est fait très naturellement. Je pense qu’une des raisons pour ça, c’est le haut taux d’implication et de participation des citoyens et citoyennes de Villeray. L’ancienne conseillère, Elsie Lefebvre, était très appréciée dans le quartier, elle faisait un travail de terrain extraordinaire. Mais les gens ont été très positifs face à la transition. Les gens ont accepté les résultats et plusieurs ont voulu s’impliquer. Ça aide dans la transition. Une de mes promesses électorales a été de créer un comité citoyen et j’ai d’ailleurs beaucoup de demandes par rapport à ça. On travaille là-dessus. La surprise, finalement, est positive. C’est l’fun, ça se fait très bien et c’est en grande partie grâce à l’implication citoyenne.

Quel est le plus grand défi auquel vous avez eu à faire face ?

 Un de mes grands objectifs au Conseil exécutif, mais qui va aussi toucher Villeray, c’est de voir comment la ville-centre peut accompagner les arrondissements concrètement. Souvent, ce qu’on a vu au fil des années, on a beaucoup misé sur l’événementiel. Ce n’est pas quelque chose que l’on veut enlever nécessairement, mais on veut aussi voir avec les arrondissements comment on peut rendre les sports et les loisirs plus accessibles, notamment pour les jeunes. Il y a comme une discordance avec la ville-centre. Même si on adopte des politiques à l’interne au niveau des arrondissements, c’est vraiment de voir comment on peut aider les arrondissements dans le plus concret, au quotidien.

Dans les enjeux plus proches de Villeray, il y a plusieurs dossiers. Pourriez-vous me dire quelques mots ces enjeux qui touchent notre district ?

D’abord, la Maison de la culture Claude Léveillée.

C’est du positif! Il y a le lancement le 6 février, avec un gros weekend prévu vers la fin février. En équipe, on est allés visiter la Maison pour voir. C’est très impressionnant. On a hâte de voir ça arriver.

En termes de défi dans le quartier, il y a définitivement la relocalisation du Centre Lajeunesse.

Les services ont eu plusieurs rencontres. Personnellement, j’en ai eu aussi, pour voir quelles sont les possibilités.

Est-ce que tous les organismes veulent être relocalisés ensemble, au même endroit?

C’est ce qu’ils souhaitent. Certains, je pense à la FADOQ (Fédération de l’âge d’or du Québec), nous ont dit que ça ne les dérange pas nécessairement d’être relocalisés parce que ce sont des organismes qui sont plus régionaux, mais on essaie de respecter une solution où ceux qui veulent rester ensemble le resteront. C’est ce qu’on essaie d’évaluer. On est à faire un portrait du quartier, de l’arrondissement. Parce que ce n’est pas que le Centre Lajeunesse qui doit être relocalisé. Dans Villeray, oui, mais il y en a plusieurs autres. Il y a Jeunesse au Soleil, qui le sera aussi. On fait le même exercice au niveau du quartier qu’on niveau de la ville. Comme j’ai comme responsabilité les dossiers communautaires pour les deux paliers, j’ai demandé un portrait général. Parce qu’on peut prévoir. Dans certains quartiers, on sait d’avance qu’avec la hausse de la population et des familles, que cela va nécessiter de nouvelles écoles, de nouvelles classes, donc on peut prévoir que certains locaux seront repris par les commissions scolaires et que des centres seront relocalisés. On ne veut pas répéter ce qui s’est passé avec le Centre Lajeunesse et Jeunesse au Soleil ou avec des CPE, qui, du jour au lendemain, doivent se dire : « Où vais-je aller? » et « Comment je vais faire? ». C’est difficile. On parle du communautaire. Ce sont des personnes, des groupes qui aident des personnes qui sont vulnérables.

On n’a jamais fermé la porte à la solution de l’hôpital chinois, bien que durant la campagne on avait donné une autre solution. La question de l’hôpital chinois, il est certain que c’est un enjeu pour le quartier. Il faut faire quelque chose avec, peu importe ce qu’il advient du Centre Lajeunesse. Ça fait 20 ans que c’est vide, y a-t-il de l’amiante… il n’y a aucun dossier public là-dessus, aucune preuve qu’il y a de l’amiante, mais il y a des rumeurs. C’est possible. Ça fait quand même 20 ans que c’est vide.

Aussi, c’est un édifice qui appartient au CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux), et pas à l’arrondissement. On a déjà parlé au département de l’habitation à la ville-centre pour voir ce qui peut être fait avec l’hôpital chinois. C’est certain que le Centre Lajeunesse doit être relocalisé pour 2020, mais la CSDM (Commission scolaire de Montréal) veut le reprendre plus tôt pour le rénover. Il n’est pas aux normes d’une nouvelle école. La réponse facile pendant la campagne électorale aurait été de promettre de le relocaliser dans l’hôpital chinois, mais on ne voulait pas faire de promesses faciles juste pour être élus. Il aurait d’abord fallu réussir à négocier avec le provincial afin d’acquérir l’immeuble, et ensuite, sûrement le détruire parce que ce n’est plus possible de le rénover… et, ensuite, construire une école, et tout ça pour 2019! Ça nous limite tellement dans le temps que selon nous, ce n’est pas une solution réaliste.

On travaille beaucoup pour recenser ce qui est disponible et tenter de garder les organismes ensemble.

Il y a aussi ce dossier de nouvelle bibliothèque, dont on entend parfois parler mais dont on ne sait trop où c’est rendu.

On travaille sur la nouvelle bibliothèque, qui est prévue à côté du Patro le Prévost. On travaille présentement sur la conception, le stationnement, comment tout ça va se passer. C’est encore dans nos projets.

D’autres dossiers importants, pour vous ?

On a aussi beaucoup de demandes sur tout ce qui est cohabitation sociale (piétons, automobilistes, cyclistes). Une association citoyenne est d’ailleurs en train de se former sur cette question. J’ai eu une rencontre pour en discuter peu avant les Fêtes. Il y a d’ailleurs une amélioration sur la piste cyclable de Christophe Colomb à la hauteur de la sortie du A&W, coin Crémazie. Il n’y a eu d’annonce là-dessus, mais on va rajouter une pancarte et de la peinture au sol. Parce que cet endroit était sensible.

Le comité citoyen que l’on veut mettre en place se penchera d’ailleurs sur l’enjeu de la cohabitation entre piétons, automobilistes et cyclistes. On va aussi travailler avec l’association citoyenne qui vient d’être formée.

 

Signature_Dominic                                Signature_Jennifer

 

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