Rencontre avec Rosannie Filato, conseillère du district de Villeray (2ème partie)

Pour lire la première partie, c’est ICI.

 

Selon vous, qu’est-ce qui aurait le plus besoin d’amour dans Villeray?

Je crois qu’il y a du travail à faire au sujet de la solidarité est-ouest dans Villeray. C’est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, notamment à cause de mon parcours, de mon passé. J’ai beaucoup de difficultés avec l’exclusion sociale. J’aime voir les gens qui se rassemblent et s’entraident. Et c’est une beauté de Villeray, justement, le fait qu’on a des gens qui veulent, des gens qui veulent s’impliquer et qui veulent aider. Je pense d’ailleurs que ça fait partie de notre rôle à titre de politicien, aussi, de donner les outils aux citoyens pour le faire; parce que souvent, si ça ne se fait pas, ce n’est pas parce que les gens ne veulent pas, mais parce qu’on ne leur donne pas nécessairement les outils. On va donc travailler avec Villeray dans l’Est.

On a aussi énormément de commerçants qui veulent aider, tout ce qui est nouveaux arrivants, immigrants, réinsertion sociale, tout ce qui est « aide pour trouver un emploi », on a beaucoup de commerçants qui s’impliquent. Ça j’ai beaucoup misé là-dessus et j’en ai d’ailleurs parlé avec mon collègue qui est dans François Perreault, Sylvain Ouellet. On va notamment faire que ce soit un des aspects qui soit travaillé au sein du nouveau comité citoyen, comment on peut rassembler les gens d’est et d’ouest et leur donner un sentiment d’appartenance commun, et ce, même s’ils n’ont pas la même réalité.

Une des choses qui devrait aider par rapport à ça est la revitalisation de la rue St-Hubert. Juste faire ça, ce sera une première étape. On ne veut pas faire des choses à la pièce. On travaille avec les services pour avoir un plan. Il y a déjà le projet de revitalisation d’un immeuble par l’ancienne administration qui est un très beau projet, donc si on continue dans cette lignée là pour St-Hubert, ce serait excellent. On a juste à voir ce qui s’est fait sur De Castelnau!

Qu’est-ce qui serait un Coup de Cœur dans Villeray?

J’aime beaucoup l’implication des citoyens. Autant les citoyens corporatifs que les citoyens. C’est vraiment ce qui m’a fait tomber en amour avec Villeray. Les gens tiennent tel-le-ment à leur quartier! Je trouve que c’est la beauté. On l’a vu notamment avec le taux de participation lors de l’élection municipale. Dans Villeray, c’était l’un des plus élevés à Montréal. Les gens tiennent beaucoup à leur quartier. C’est mon coup de cœur, l’engagement, l’implication, la participation et la mobilisation citoyenne.

Le 27 décembre, dans le Temps des Fêtes, je suis allé à l’Enchanteur. Chaque année, ils font un dîner en collaboration avec le CDC Solidarités Villeray pour venir en aide aux gens qui sont plus démunis. Ils préparent ce repas et cela crée un esprit solidaire et festif. Quand on parle de développement social, ce n’est pas juste une question d’argent. Ça prend aussi le côté social.

Dans mes dossiers, dont celui de l’itinérance, on pense souvent qu’on peut donner des fonds, mais on oublie souvent l’importance de l’accompagnement et de l’aspect social dans le développement social.

C’est pourquoi tout ce qui est sports, loisirs, culture, tout cela contribue au développement social. C’est la beauté de Villeray et ça va m’inspirer pour mes dossiers à la ville-centre.

Ça contribue vraiment et c’est pourquoi on doit miser sur notre travail auprès des arrondissements pour faire du concret. Ça ne peut pas toujours être du « top down » de la ville-centre. Il faut vraiment commencer à voir comment on peut améliorer les conditions et la qualité de vie des gens.

On a beaucoup misé sur les grands événements à Montréal, dans le passé. Ça a du bon aussi, ça apporte des retombées économiques, mais je vais m’assurer que ça apporte aussi des retombées à nos groupes locaux. Par exemple, s’il y a un grand tournoi de soccer ou de tennis, on va s’assurer qu’il y ait un investissement dans nos équipe locales et dans leurs activités. Comme le fait déjà la Coupe Rogers. Ils investissent pour permettre aux groupes d’utiliser leurs courts de tennis.

Qu’est-ce que ça représente au quotidien que d’être conseillère municipale?

Mon rôle au niveau du quartier et mon rôle au Conseil exécutif de la Ville de Montréal, ce sont deux choses complètement différentes. Ce qui est très important pour les deux, toutefois, c’est d’être près des gens et d’être à l’écoute. Donc souvent, ma journée, ce sont des rencontres. Tout à l’heure, par exemple, j’étais en rencontre avec un commerçant qui voulait comprendre le système fiscal pour les entreprises locales. J’invite souvent les gens à venir me parler sur les réseaux sociaux.

Bref, mon quotidien est vraiment de faire des rencontres, soit avec des citoyens, soit avec des commerçants, sinon je vais faire des visites sur le terrain pour voir comment les entreprises fonctionnent. Je suis allée voir les locaux de La Cenne (sur St-Laurent), qui est techniquement dans le district de Parc Extension mais dessert beaucoup de gens de Villeray.

C’est aussi des retours d’appels. Parce qu’il y a de grands dossiers, oui, mais il y aussi ce qu’on appelle le quotidien : le recyclage, le déneigement, etc. Généralement, les soirs, c’est là que j’appelle les gens parce que c’est là qu’ils sont à la maison et que je peux les rejoindre. Sinon le jour c’est ça, les rencontres, les visites, les retours de courriels. On a aussi les conseils d’arrondissement, de ville, d’agglomération.

Comme je siège à l’Exécutif, il faut que je connaisse très bien mes dossiers. Je rencontre souvent les services à la ville-centre pour qu’ils me présentent les nouveaux projets. On travaille présentement sur le Plan d’action en développement social, la Politique de l’enfance, le Plan d’action montréalais en itinérance. Ce sont des plans qu’on revoit et qui vont sortir bientôt. Des dossiers qui sont quand même d’une grande importance parce que ça touche tout le monde à travers la ville.

Ma vision, celle de Projet Montréal, c’est de travailler avec les acteurs locaux. Il y a de grands acteurs, qui font un travail extraordinaire, mais il ne faut pas oublier les tables de quartier ou les regroupements citoyens. Au niveau de la politique de l’enfant, par exemple, on pense juste à toutes les familles dans Villeray… quelles solutions concrètes on pourrait prendre par rapport aux enfants qui pourraient influencer le développement social. On ne veut rien imposer, mais il faut encourager les arrondissements à travailler avec nos organismes locaux.

En terminant, si je vous demandais de résumer Villeray en trois mots?

-Solidarité.

On se rappelle l’incendie qui a jeté une famille à la rue avant les Fêtes, et où les citoyens ainsi qu’une école se sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour trouver des vêtements et du matériel pour la famille.

-Dynamisme.

-Vivant.

Toujours dans un souci de tenter de mieux vous connaître, pourrions-nous vous demander de choisir trois mots qui vous représentent bien?

-Écoute.

C’est important pour moi d’écouter les gens.

-Optimisme.

-Famille.

Si je suis là où je suis aujourd’hui, c’est grâce à ma famille. Du côté de ma mère, ils sont de Louiseville, et elle a grandi dans Villeray. Du côté de mon père, ils sont nés en Italie. Mon grand-père est venu seul à 14 ans. C’était difficile, il y avait beaucoup d’exclusion. Les deux familles ont beaucoup milité pour aider les autres. Si je me suis retrouvée dans le milieu syndical et dans un poste où je peux aider la qualité et les conditions de vie des gens, c’est grâce à eux.

Signature_Dominic                    Signature_Jennifer

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