L’origine de nos noms de rues : Deuxième partie

Voici la deuxième et dernière partie, où nous couvrirons les rues dont les noms vont des lettres « j » à « v ».

Il est à noter que toute l’information a été prise textuellement sur le portail de la Ville de Montréal, section toponymie.

Rue Jarry, 1925 :

La rue et le parc Jarry ne rappellent pas la même personne. La rue honore Bernard Bleignier dit Jarry. Le 5 avril 1700, Bernard Bleignier reçoit une concession dans ce qui deviendra le village de Saint-Laurent. Sur la terre de Stanislas Jarry, père, issu de cette famille et maire du village en 1907, on ouvre la première partie de cette voie, entre les actuelles rues Fabre et Lajeunesse.

Le parc rappelle le nom de Raoul Jarry. Raoul Jarry (1885-1930) représente comme conseiller municipal le quartier Villeray à partir de 1921. Il est membre du Comité exécutif à partir de 1924. Il fait partie du comité qui recommande la location de ce parc par la Ville à la Stanley Bagg Corporation.

Rue Jean-Talon, 1927

Constituée de plusieurs tronçons ouverts à différents moments, cette rue, principalement commerciale, traverse le territoire de Montréal, de la ville de Mont-Royal et de la municipalité de Saint-Léonard. Cette dénomination rappelle le premier intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon (1625-1694), nommé par Jean-Baptiste Colbert. Son mandat est marqué d’un fort accroissement de la population en raison de sa politique nataliste et de l’immigration qu’il encourage. Sur le plan économique, il réalise une certaine diversification tandis qu’il entreprend la centralisation de l’administration publique.

Rue Juillet, 1922 :

Blaise Juillet, dit Avignon, compagnon de Dollard des Ormeaux, se noie un mois (19 avril 1660) avant le départ pour le Long-Sault.

Rue Jules-Verne, 1912 :

Jules Verne (1828-1905), écrivain français, est surtout connu pour ses nombreux romans de science-fiction où l’anticipation scientifique tient une place importante. Il vient à Montréal en 1867 et visite l’est du Canada. Il écrit par la suite quelques romans basés sur l’histoire du Canada français. Le plus connu est «Famille Sans-Non», dont l’action se déroule lors de la rébellion de 1837.

Rue Lajeunesse, 1912 :

Dans les années 1880, et même avant, les raquetteurs du Montreal Club foulent la neige sur une distance de six milles, jusqu’au Sault-au-Récollet, où ils se reposent, se désaltèrent et se réchauffent à l’auberge Lajeunesse. Le sentier suivi devient le chemin du Sault, aujourd’hui rue Lajeunesse, nom donné pour rappeler cette vieille famille d’aubergistes.

Rue Legendre, 1912

Napoléon Legendre (1841-1907), avocat et écrivain, greffier du journal du Conseil législatif en 1876, membre fondateur de la Société royale en 1882.

Rue Le Gardeur, 1914 :

Pierre Le Gardeur, sieur de Repentigny (1608-1648), navigateur et négociant, directeur (1644) de la Compagnie des habitants, concessionnaire (1647) de la seigneurie, près de Montréal, qui perpétue son nom. Il navigue constamment entre Québec et La Rochelle (France), avec qualité d’amiral des convois. Il meurt en mer.

Rue Leman, 1914 :

Gérard-Mathieu Leman (1851-1920), général belge, né et décédé à Liège. Dès le 4 août 1914, 120 000 Allemands arrivent devant le camp retranché de Liège, défendu par une garnison (la Division de Fer) de 35 000 hommes seulement, commandée par Leman. Par sa résistance, la ruée allemande est retardée de dix jours.
Ce nom est donné, en même temps que celui de l’avenue des Belges dans le voisinage, trois mois seulement après cette bataille mémorable.

Rue De Liège, 1922 :

(Voir explication précédente pour la rue Leman)

*À remarquer que le nom de cette ville s’écrivait Liége. Aujourd’hui l’accent grave est accepté.

Rue Loranger, 1914 :

Louis-Onésime Loranger (1837-1917), procureur général de la province de Québec de 1879 à 1882 et juge de la cour supérieure de 1882 à 1909.

Rue Louvain, 1914 :

Ville de Belgique. Le 19 août 1914, les Allemands entrent à Louvain qui, ville ouverte, ne tente pas de résister. Refoulées les 24 et 25 août par l’armée belge d’Anvers, sur Louvain et Vilvonde, les troupes germaniques, cantonnées à Malines, mettent à sac (27 août) la vieille cité universitaire de Louvain. Deux mois plus tard, Montréal donne à une de ses rues le nom de Louvain.

Rue Mistral, 1914 :

Frédéric Mistral (1830-1914), poète provençal, prix Nobel de la littérature en 1904. Ce nom fut donné au moment de son décès.

Avenue Papineau, 1890 :

Joseph Papineau (1752-1841) conjugue les fonctions d’arpenteur, de notaire, d’agent seigneurial et d’homme politique. Député à l’Assemblée, il participe en 1793 à d’importants débats sur la langue. Ouverte avant 1810, cette voie connaît plusieurs appellations avant que, le 3 juillet 1890, le Conseil municipal décide que le chemin portera désormais le nom d’avenue Papineau.

Rue Pontbriand, 1911 :

Henri-Marie du Breil de Pontbriand (1708-1760), sixième évêque de Québec (1741-1759).

Rue du Rosaire, 1909 :

Voie située en bordure de l’église Notre-Dame-du-Rosaire du quartier Villeray.

Rue Rousselot, 1963 :

Le sulpicien français Benjamin-Victor Rousselot (1823-1889) arrive à Montréal en mai 1854. Aumônier des Soeurs Grises, il les incite à ouvrir des salles d’asile, garderies d’alors pour les enfants de milieux défavorisés. L’asile Saint-Joseph est inauguré en juin 1859 et l’asile Nazareth, en 1861; affilié à ce dernier, un institut spécialisé pour l’éducation des aveugles est également créé par Rousselot en 1870. En 1880, il soutient le docteur Persillier Lachapelle dans la fondation de l’hôpital Notre-Dame. (…)

Rue Saint-Alfred, 1914 :

Cet emplacement, cédé à la Ville le 13 novembre 1899 par J.A. Labelle, est une impasse jusqu’à son ouverture sur la rue Foucher, à la suite d’une expropriation effectuée le 28 mai 1930. Le calendrier liturgique identifie deux saints de ce nom: un évêque décédé vers 869, que l’on fête le 15 septembre, et un roi anglo-saxon, Alfred le Grand (845?-899), que l’on fête le 28 octobre. Cependant, aucun document ne justifie cette dénomination.

Rue Saint-André, entre 1801 et 1823 :

Cette dénomination rappellerait la famille de Claude Robutel, sieur de Saint-André (1619-1689), arrivé à Ville-Marie en 1653 avec la «grande recrue» de 100 colons. Il se marie en 1659. Commandant de la milice de la Sainte-Famille, il possède un fief sur l’île de Montréal et un autre, sur l’île Saint-Paul (aujourd’hui l’île des Sœurs).

Rue Saint-Denis, 1818 :

Ouverte sur un terrain acquis de l’honorable Louis-Joseph Papineau (1786-1871) et de sa tante Périne-Charles Cherrier, veuve de Denis Viger (1741-1805), cette voie rappelle ce dernier.
Prolongée à plusieurs reprises, cette rue se développe progressivement après la construction de la première église Saint-Jacques, en face du square Pasteur; elle rejoint la terrasse de la rue Sherbrooke avant même la fin du XIXe siècle. Avant la fin du siècle, s’amorce un processus de mutation vers une vocation commerciale, en remontant lentement vers le nord.

Rue Saint-Élie, 1914 :

Cette voie est cédée à la Ville le 13 novembre 1899 par Jos. A. Labelle. Aucun document ne justifie cette dénomination.

Rue Saint-Gérard, 1914 :

Cette voie tire son origine du culte que vouent à Saint-Gérard-Majella (1726-1755) les Pères rédemptoristes qui administrent la paroisse Saint-Alphonse-d’Youville, où est située cette voie. Admis dans la congrégation du Très-Saint-Rédempteur, peu après sa fondation par Alphonse de Liguori, Majella a été béatifié en 1893 et canonisé en 1904.

Rue Saint-Hubert, 1926 :

Il semble que le terrain requis pour l’ouverture de cette voie soit cédé par Hubert-Joseph Lacroix (1743-1821), dont la famille s’établit vingt ans plus tard sur la rue.
Les vastes demeures construites dans la seconde moitié du XIXe siècle, principalement pour l’élite canadienne-française, magistrats, maires, membres du conseil législatif, nombreux représentants des professions libérales, confèrent encore à la rue son caractère résidentiel d’origine. Cette large artère offre un espace privilégié pour les manifestations populaires. Très longue, cette rue change de caractère dans le quartier Saint-Édouard, où elle devient rapidement une rue commerciale grâce au système de transport qui la dessert depuis 1925.

Rue Tillemont, date inconnue :

Nicolas Tillemont (1635-1660), serrurier, compagnon de Dollard des Ormeaux. (Le premier registre de l’église Notre-Dame de Montréal épelle son nom Tiblemont).

Rue Valcartier, 1914 :

Rappelle le camp militaire de ce nom situé près de Québec.

Rue Villeray, 1911 :

Louis Rouer de Villeray (1629-1700), membre du Conseil souverain de la Nouvelle-France en 1663, et contrôleur de la Compagnie du Canada, en 1685.
Le 30 septembre 1896, on érige, sous le nom de village de Villeray, une nouvelle municipalité dont le territoire a été détaché de la paroisse du Sault-au-Récollet. Le 30 novembre 1905, le village de Villeray est annexé à la ville de Montréal, et son territoire est réuni à celui du quartier Saint-Denis. Enfin, en 1922, quand Montréal est divisé en 35 quartiers, on crée le quartier Villeray, dont les limites sont celles de l’ancien village.

Crédit photo couverture : Café Vito

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