Êtes-vous mûrs pour une transformation?

On dit qu’aujourd’hui, plus de 800,000,000 individus dans le monde sont en situation d’insécurité alimentaire.

Pendant ce temps, en Occident, 40% des aliments se retrouvent à la poubelle!

Heureusement, des acteurs dans le domaine agro-alimentaire travaillent sur des solutions pour améliorer ce bilan révoltant.

Rencontre avec un jeune chef-entrepreneur-humaniste.

En 2010, Guillaume Cantin remportait la première saison de la série Les Chefs!, à Radio-Canada. Après un passage au resto Les 400 Coups, dans le Vieux-Montréal, il développe avec son collègue Thibault Renouf un projet innovant en matière de récupération alimentaire.

La Transformerie, c’est un organisme sans but lucratif qui procédera à la collecte d’aliments invendus auprès de quelques détaillants, pour ensuite en faire des tartinades sucrées ou salées vendues sous forme de conserves.

Photo_DMenard_Transformerie_1

Depuis plusieurs mois, les deux collègues et leur équipe (dont un comité dégustation et un biophysicien spécialiste en conserves!) planchent sur l’élaboration, le rôle et la logistique de leur projet.

C’est que déjà beaucoup de travail a déjà été abattu pour s’assurer que leurs efforts soient couronnés de succès.

Pour vérifier l’intérêt de la clientèle, mais aussi pour repousser leurs propres limites, ils ont -entre autres- organisé une soirée pour le moins particulière l’automne dernier : un souper concocté à partir de denrées récupérées à même les poubelles! Le dumpster diving, vous connaissez? Eh bien la première constatation qu’ils ont faite, c’est que les aliments retrouvés à travers les ordures pouvaient avoir une qualité surprenante. Quant aux invités, ils étaient ravis.

Ils ont par la suite approché des épiciers pour développer des partenariats. Pour ces détaillants, les aliments très mûrs représentent un défi car les consommateurs leur tournent souvent le dos. Bon nombre de ceux-ci se retrouvent alors aux poubelles, occasionnant une perte pour le commerçant. Avec une approche positive et collaborative, La Transformerie leur propose de mettre sur pied un service de collecte de ces aliments mûrs, qu’ils transformeront ensuite en tartinades, mettront sous conserve et ramèneront aux détaillants pour leur permettre de les vendre sur leurs tablettes. Tout le monde y gagne, et les aliments sont ainsi récupérés.

Côté logistique, il est certain qu’il sera difficile pour l’organisme de prévoir à l’avance quels aliments leur seront envoyés à chaque collecte. Guillaume a ainsi développé une vingtaine de recettes à partir des aliments qui semble revenir régulièrement dans les collectes, et l’équipe pigera dans ces recettes selon ce qui leur est livré.

Les conserves ainsi obtenues représenteront des produits familiers et accessibles, et La Transformerie fera des suggestions aux consommateurs sur la façon d’utiliser et mettre en valeur ces tartinades.

Pour donner quelques exemples, les bananes et brocolis se retrouvent souvent parmi les aliments mûrs et invendus. Guillaume a transformé les premières en un caramel de banane sans produits laitiers, puis les deuxièmes en humus de brocoli sans pois chiche. Les pommes, poires et tomates reviennent également souvent dans leurs collectes, alors on peut s’attendre à des tartinades qui exploiteront leurs textures et parfums. D’autant plus que pour ces aliments mûrs, la transformation en conserves s’opère au moment-même où leur goût est optimal!

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Le coût de chaque conserve devrait tourner autour de 5-6$, sauf exceptions, et un système de consignes devrait permettre aux consommateurs de ramener et réutiliser les contenants. Génial!

Pour transformer les aliments en conserves, on se basera sur l’aide de bénévoles en cuisine. À ce jour, une centaine de personnes ont manifesté leur intérêt sur la page Facebook des bénévoles de la Transformerie. Le travail devrait commencer cet automne, une fois l’étape de pré-démarrage passée.

Cet été, l’équipe devrait également mettre sur pied un atelier pour les détaillants intéressés. Il faudra à la fois leur expliquer la logistique, mais aussi les avantages qu’ils auront à se joindre à ce mouvement. Ces commerçant –surtout de petits et moyens épiciers- se sont jusqu’à maintenant montrés très ouverts à la démarche. On parle après tout d’un problème que tout le monde aimerait régler.

Pour l’instant, le villerois Guillaume Cantin ainsi que ses partenaires se sont concentrés sur l’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, notamment car la mairie veut y implanter une politique Zéro Déchets.

Villeray, ne voulons-nous pas, nous aussi, une gestion éco-responsable des aliments invendus? Et une politique Zéro Déchets? Je lance ici une ligne à la mer…

Pour l’avenir, les projets ne manquent pas pour La Transformerie. On parle d’organisation d’événements, d’une volonté d’éduquer les consommateurs, d’une éventuelle recherche en lien avec l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, mais surtout, de rejoindre et conscientiser le plus grand nombre de personnes. Car si la lutte au gaspillage et la réduction à la source sont ici des considérations importantes, l’humain est véritablement au cœur de cette démarche. Les co-initiateurs du projet souhaitent que les gens y participent, s’y impliquent et se l’approprient.

Guillaume Cantin a participé à son lot de compétitions culinaires. De remporter la victoire, seul, c’est une chose… mais c’est en équipe qu’on va plus loin. Et c’est en lançant un mouvement qu’on arrive à changer les choses.

Crédit photos : La Transformerie

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